Drôle de départ, les bagages dispersés, le vélo démonté, se laissant porter par le bercement du train. Prélude? Prologue ? Mise en jambe dans un fauteuil ?
La nuit a été courte, comme souvent l'angoisse de ne se réveiller. Encore ce rêve habituel où je suis en retard pour partir quelque part,en stress de louper un avion, un train. Le réveil sonne et je ne sais pas si je dormais. J'embrasse Amélie qui va rester seule pendant deux semaines. Je suis triste de la laisser alors qu'elle ne m'a jamais semblé si fatiguée et vulnérable, un peu honteux de partir sous le soleil à ne penser qu'à pédaler.
Le train se dirige vers le sud, enfin le soleil fait son apparition dans un ciel cotonneux.
Ensuite je me dirige vers le vieux port où les manifs anti loi travail bloquent la canebière mais pas moi. Je longe la mer et ses voiliers, l'église de la Bonne Mère étincelle sur ma gauche. J'arrive aisément à l'embarcadère, un énorme navire blanc et bleu attend d'avaler son lot de motos, voitures et quelques vélos.
Il est temps d'embarquer, et là je tombe nez à nez avec 2 CCIstes nantais habitués de nos soirées, eux aussi sont là avec leurs vélos. Le ferry s'élance lentement, vibre, passe devant le port et longue la côte.
La Bonne Mère reflète les rayons du soleil couchant tel un phare qui me guide vers les aventures à venir.
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